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Transport aérien : Turkish Airlines étend ses ailes en Afrique

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Un avion de Turkish Airlines

Cette compagnie dessert 34 pays et 52 destinations sur le continent. D’ailleurs, elle compte en ouvrir de nouvelles et investir davantage. Le Quotidien de l’économie fait une incursion au sein de cette compagnie qui existe depuis le 20 mai  1933.

Par Hervé Fopa Fogang

Turkish Airlines veut davantage investir en Afrique

Au début du mois de mai 2018, certains journalistes camerounais ont eu le privilège d’effectuer un déplacement à Istanbul où ils ont échangé avec Askin Cantimur. Il est vice-président pour l’Afrique sub-saharienne de Turkish Airlines. Au cours de la rencontre avec les représentants des médias camerounais, ce haut responsable a dévoilé les ambitions de la compagnie. De fait, Turkish Airlines dessert 34 pays et 52 destinations en Afrique. Cependant la compagnie veut consolider ses acquis dans un continent où le ciel est parcouru par de nombreux concurrents. « De  manière globale en Afrique  Subsaharienne  sans  vouloir entrer  dans  les  détails,  notre  compagnie est  en  forte  croissance avec  une  augmentation du  nombre de  passagers et nous enregistrons le chiffre de  1,7  %  en  matière de  développement  et  ce,  plus que les autres  compagnies aériennes. Nous avons   gagné  14  places  en 2018  en  termes d’augmentation du  nombre de  passagers   transportés et  nous envisageons de nous  positionner à la  10 ème place en 2035 »,explique  Askin Cantimur dans une interview accordée au site d’information www.financialafrik.com.

Il poursuit en révélant qu’à la fin de l’année 2018, la Turkish Airlines va desservir la ville de Moroni aux Comores et celle de Marrakech, au Maroc.  «  Et  nous  poursuivrons notre  couverture en Afrique  subsaharienne  avec  Banjul, en  Gambie. Nous  envisageons  une  augmentation de  notre présence en  Afrique  de 6% et en Asie de 5,5% », souligne Askin Cantimur.

De nouveaux avions en cours d’acquisition

Même si la compagnie Turkish Airlines compte déjà 326 avions dans sa flotte, elle n’entend pas s’arrêter à ce niveau. Vu ses ambitions en termes de déploiement, elle a commandé 230 nouveaux appareils dont 60 gros porteurs. Selon Askin Cantimur, Turkish Airlines avait  démarré ses  vols en  1933 avec 4  destinations : Izmir,  Istanbul, Ankara  et Adana. La  flotte  de la compagnie souligne t’il  ne comprenait alors que 2 King Birds de 5 sièges, 2 Junkers de seulement 4 sièges et 1 ATH-9 (10 sièges). « En 2003,  nous  avions  desservi  55  pays et 103  destinations.  Aujourd’hui,  nous  sommes la  4e  plus  grande  compagnie aérienne présente dans  121  pays  avec 306 destinations »,informe le vice-président pour l’Afrique sub-saharienne de Turkish Airlines.

Turkish Airlines apprend-t-on occupe aujourd’hui  la  deuxième  position en Europe pour  les  chargements  Cargo.  « Ce segment  est  très  important, de  même  que les  activités de  maintenance des avions  qui concourent au  développement de  la  compagnie qui  emploie  24  000  personnes et  travaille  avec  12 sociétés  partenaires   et  un  staff  dirigeant de 51  000 personnes. En matière de  Cargo,  nous  desservons  84  destinations au  départ  d’Istanbul  vers  l’international avec  18  avions  cargo qui  ont transporté 1,3  million de  tonnes de  fret en 2017.  En 2018,  nous  avons  ouvert deux  nouvelles  destinations : Mexico et  Muscat, la capitale du sultanat d’Oman. La  ville  d’ Istanbul dispose à  ce  jour d’une plus  grande  connexion des  vols  vers  l’international. C’est  un hub avec les  meilleures  rotations d’appareils », précise Askin Cantimur.

Atteindre 120 millions de passagers par an à l’horizon 2023

Le transporteur turc a d’autres ambitions au niveau mondial. Notamment à l’horizon 2023. Il veut atteindre les 120 millions de passagers par an, générer 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel (12 milliards de dollars actuellement) et compter plus de 500 avions dans sa flotte. Aussi, il est important de souligner que 2023 sera l’année l’année du centenaire de la République de Turquie, fondée par Mustafa Kemal Atatürk il y a 95 ans.

Un nouvel aéroport pour répondre aux ambitions de croissance

Istanbul est déjà desservie par deux aéroports, Atatürk et le Sabiha Gökçen (depuis 2003), mais ne compte pas s’arrêter là.  Sauf changement de dernière minute, l’aéroport d’Istanbul sera  inauguré le 29 octobre 2018. Situé à 35 kilomètres avec une superficie de 67,5 millions de mètres carrés au nord du centre-ville, ce projet de 7 milliards de dollars cet aéroport est présenté comme  le plus grand aéroport du monde en capacité. Une construction rendue possible par la croissance exceptionnelle du transport aérien turc.

«  Le nouvel aéroport  sera  doté  au  départ  d’une  capacité de 90  millions de  passagers par an  avec  l’ambition d’atteindre  200  millions de  passagers par an  dans  sa phase  optimale avec 500  postes d’enregistrement. . Ce sera  le  plus   grand aéroport du monde si nous  nous  comparons à  ceux de  Frankfort en Allemagne,  Charles  De  Gaulle en France  ou celui de Dubaï aux  Emirats  Arabe  Unis. Nous  offrons la  meilleure qualité de  connexion des  vols au  départ de  l’Europe,  mais aussi en  terme de  temps de  connexion par  rapport aux autres aéroports  européens »,argumente Askin Carimur. Ce dernier affirme également qu’en 2017, Turkish Airlines a  transporté 68 millions de  passagers et  envisage  d’atteindre  le   nombre de  74  millions de  passagers en 2018, soit  une  augmentation de  3%.

L’on apprend également que l’aéroport d’Istanbul  pourra faire transiter entre 150 et 200 millions de passagers tous les ans, ce qui en ferait le plus important du monde. A partir du 29 octobre 2018, une fois le nouvel aéroport mis en fonction, l’aéroport Atatürk, ouvert en 1924, sera uniquement consacré à l’autorité de l’aviation civile, aux vols privés et aux VIP.En revanche, l’aéroport Sabiha Gökçen sur la rive asiatique d’Istanbul, ouvert en 2003, continuera de fonctionner. L’aéroport « devrait progressivement générer 200 000 emplois directs et indirects et génèrera également non moins de 5 % du PIB de la Turquie en 2025.

Design de l’aéroport d’Istanbul en construction

La formation, une institution à Turkish Airlines

Sur un autre plan, le voyage de presse organisé par Turkish Airlines a conduit les journalistes camerounais au Flight Training Center. Dans l’édifice imposant et moderne, la compagnie Turkish Airlines assure la formation de plusieurs milliers de personnels navigants dont ses futurs pilotes, hôtesses, stewards et techniciens de navigation aérienne. Plus encore, de prestigieuses  compagnies partenaires envoient leurs  personnels pour suivre les formations dans le Flight Training Center.

Dans ce centre, toutes les manœuvres à l’intérieur du cockpit sont enseignées. Du décollage à l’atterrissage, en passant par la stabilisation de l’appareil, le pilotage automatique, les changements d’altitude ou de direction en cas de tempêtes, d’orages, de dépressions ou de nuages etc. Comment maitriser un feu à bord, quelle attitude adopter en cas de fortes turbulences afin de ramener le calme parmi des passagers pris de panique ? Rien n’est laissé dans ces formations qui sont sanctionnées par des tests et des concours rigoureux visant à faire un premier tri et identifier les profils en vue de les orienter vers les postes les plus convenables selon les aptitudes et les compétences de chacun.

Ainsi, Le Flight Training Center de la TK, est présenté comme  « un fleuron dans le fleuron qui donne les meilleurs pilotes de l’aviation civile Turque et internationale ». En effet, ce Centre offre des cours de formation de niveau international pour le personnel du transporteur national, composé de 4 000 pilotes et de plus de 10 000 agents de bord. Les programmes de formation sont répartis en six catégories à savoir : la formation de base au pilotage (basic pilot training), la formation au sol (Ground Training), l’entraînement  ou formation des stagiaires de vol (Flight Attendee Training), la formation des expéditeurs entre autres.