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Thierry Nyamen « Mettre en place une politique de promotion du « made in Cameroon »

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Thierry Nyamen, directeur général de NTfoods

 

Le directeur général de NTfoods, entreprise spécialisée dans la transformation des produits agricoles locaux propose des pistes pour la transformation de nos matières premières.

Le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire vient d’annoncer que pour accélérer sa croissance, le Cameroun doit booster la transformation de ces matières premières. Quels sont selon vous les préalables pour y arriver?

Le ministre de l’Economie vient de mettre sur la table un sujet important à savoir celui de la transformation de nos matières premières. Vous le savez peut-être mieux que moi qu’aucun pays ne peut véritablement se développer dans le monde s’il ne transforme pas lui-même ses matières premières. Et le Cameroun peut aujourd’hui se vanter d’avoir un fort potentiel de richesses naturelles. Cependant, ces richesses ne sont très peu transformées et c’est pourquoi on n’arrive pas à atteindre un certain niveau de croissance. Moi je pense que pour que le Cameroun puisse booster la transformation de ses matières premières il faut mener plusieurs actions. De prime abord, Il faut former la main d’œuvre puisque pour transformer, il faut acquérir les machines et avoir des personnes capables de les utiliser.

Par la suite, il faut favoriser l’accès aux financements aux entrepreneurs qui désirent se lancer dans un secteur de transformation donné et qui n’ont pas toujours tous les moyens financiers nécessaires. Aussi l’Etat doit davantage continuer à appuyer financièrement les structures de transformation déjà présentent pour qu’ils puissent améliorer leurs productions. Dans la même veine, il faut garantir la propriété foncière. L’accès à la terre reste une question fondamentale pour le développement des industries de transformations. Puisque ceux qui investissent restent confrontés à une insécurité foncière qui est de plus en plus croissante. Aussi, il faut optimiser les infrastructures ce qui permettra d’aller aisément des lieux de transformations vers les lieux de commercialisation. Voilà résumé quelques préalables qu’il faut pour booster la transformation de nos matières premières en vue d’accélérer notre croissance.

L’on dit souvent que pour implanter des industries de transformations, il fut un potentiel énergétique considérable. Peut-on booster la transformation de nos matières premières avec l’offre énergétique actuelle?

Vous savez, je ne suis pas partisan de ces grandes industries dont on parle. Je pense que pour créer la chaîne des valeurs, il faut que nous essayions de mettre sur pied dans toutes les régions du Cameroun des petites unités de transformation en rapport avec le potentiel de ladite région. C’est ce tissu qui va employer beaucoup plus de personnes et qui va créer la valeur ajoutée. En chine par exemple, plusieurs personnes produisent derrière la maison, dans des petites structures. Pourquoi pas nous? Il faut commencer petit et aller progressivement.

Quand on parle de transformation sur place, c’est pour aboutir à la production du «  made in Cameroon ». Est-ce que ce « made in Cameroon » va pouvoir séduire par rapport aux produits qui viennent de l’étranger?

« Le made in Cameroon » est un sujet qui me tient à cœur. Vous allez vous rendre compte que pendant ces dernières années, on a beaucoup produit localement. Mais il faut dire la vérité.Le« made in Cameroon » n’est pas encore accepté par nous-même. Il a encore du chemin à faire parce que bon nombres de camerounais restent dans leur complexe d’infériorité et continuent à penser que c’est ce qui vient d’Europe qui est de bonne qualité. Nous ne pouvons pas interdire les importations mais il faut réduire le gap des produits de consommation. Je pense qu’il ne va servir à rien de transformer si les camerounais ne vont pas consommés. Nous avons un marché assez vaste et le gouvernement doit impérativement mettre en place une politique de promotion du « made in Cameroon » parce qu’il est inadmissible que 58 ans après l’indépendance, qu’on n’arrive pas à consommer le peu que nous produisons.

Propos recueillis par Hervé FopaFogang