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Quel avenir pour le personnel de la Camerounaise des eaux?

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L'inquiétude est perceptible chez les employés de l'entreprise en fin de contrat

La Cameroon Water Utilies Corporation (Camwater) vient de lancer un recrutement de personnels stagiaires après la réorganisation de cette entreprise le 20 février 2018 par un décret du président de la République.

En mode transition. C’est dans cette situation que se trouvent la Camerounaise des eaux (CDE) et la Camwater depuis le 20 février 2018. La première entreprise cessera de fonctionner d’ici la fin du mois d’avril et ses missions seront absorbées par la seconde. L’heure est donc à la mise au point de parts et d’autres afin que tous les comptes soient réglés dans le moindre détail. Le plus urgent étant celui de la distribution. Il s’agit du point stratégique de la vie de l’entreprise. Et c’est pour ce volet distribution que la Camwater vient de lancer un avis de recrutement. Signé le 20 février 2018, ce communique de Gervais Bolenga, le directeur général de Camwater vise le recrutement de 533 releveurs des index des compteurs d’eau et de 27 commerciaux.

Ces recrus seront tous des « stagiaires dans les dix régions du pays pour la période de mars et avril 2018 », précise le communiqué. Sous l’encadrement de la Camwater, les releveurs assureront « la relève des index des points de livraison ». Ils rempliront aussi les bordereaux de relève et effectueront des inventaires des compteurs. Quant aux commerciaux stagiaires leur mission consistera à « suivre toutes les étapes du cycle de facturation y compris les conférences d’évaluation et de validation de la facturation ». En somme, ce job description contenu le communiqué de Gervais Bolenga, correspond aux taches exécutées jusque-là par une partie du personnel de la CDE.

Inquiétudes

Au sein de la CDE, c’est l’inquiétude chez les près de 1700 employés qui craignent pour leur avenir professionnel. Si certains d’entre eux espèrent intégrer l’équipe du nouveau distributeur, une partie non négligeable de ce personnel pourrait se retrouver dans la rue dans quelques semaines. Ce d’autant que les conditions d’âge fixées par la Camwater se situent entre 18 ans au moins et 40 ans au plus. « Sans le dire, l’on imagine bien qu’il s’agit des stagiaires qui pourront finalement intégrer le fichier du personnel de la Camwater dès le 1er mai » souffle des acteurs rencontrés au sein des agences de la CDE à Yaoundé. En réalité, ce stage, prélude à un recrutement définitif est important pour la continuité du service de distribution de l’eau potable au Cameroun. « Le personnel est très vieillissant. Il oscille entre 50-60 ans » lance –t- on à la CDE. Et comme le travail de la relève des compteurs et la facturation nécessite des efforts physiques considérables, il s’avère donc nécessaire de penser au renouvellement des effectifs.

Lueur d’espoir

Suivant le décret signé le 20 février 2018 par Paul Biya, l’article 5, alinéa 1 précise que « le personnel nécessaire aux activités de la Camwater est choisi en priorité parmi le personnel initialement affecté au service public d’alimentation en eau potable en milieu urbain et périurbain ». Cette disposition prête à équivoque dans les rangs du personnel de CDE. « Soit nous seront prioritaires, soit on ira chercher de nouvelles personnes. Rien n’est garanti à ce stade » lance un agent rencontré à l’agence CDE d’Essos ci-au carrefour Pakita. En tout cas, à des paliers hiérarchiques supérieurs, la sérénité est de mise. « Le personnel de la CDE est une force essentielle en terme de compétence dans la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’eau », soutiennent des cadres rencontrés. Ce métier, ils l’exercent depuis la privatisation du segment distribution en 2008 après la mort de la Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC). Le personnel SNEC s’était donc mis à l’école de l’Office national de l’eau potable du Maroc. L’expérience de ce personnel est très attendue pour la continuité du service. Même si les départs volontaires des cadres de la CDE ne sont pas à exclure. « En 10 ans, la CDE n’a presque pas recruté. Il y aura aussi des retraités. Et, avec les nouvelles usines de production qui ont doublé l’offre du pays, de nouveaux recrutements sont envisageables » explique un cadre de la CDE.

Pierre Nka