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Mouvement d’humeur: Les ouvriers de l’autoroute Douala-Yaoundé aux abois

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Ils revendiquent à l’entreprise China First Highway Engineering Company les salaires et dénoncent des licenciements abusifs auxquels ils ajoutent le non-respect de la convention collective des BTP.

Déjà quatre jours que les travailleurs du chantier de construction de l’autoroute Douala-Yaoundé regroupés au sein du syndicat départemental des travailleurs des bâtiments et travaux publics du Mfoundi (SyntraBTP) ont raccroché leurs gants. Ils se sont résolus à revendiquer à l’entreprise China First Highway Engineering Company (Cfhec), prestataire du chantier leurs droits, à savoir : le non-paiement des salaires, les licenciements abusifs, le manque d’affiliation à la CNPS, le non-respect de la convention collective des BTP. Parmi les revendications, on note également que les travailleurs camerounais sur le chantier de l’autoroute sont « outragés » par leurs collègues chinois. Le communiqué signé le 13 septembre par la présidente de la Confédération camerounaise de travail précise que ces travailleurs manifestent suite au refus de l’entreprise Cfhec d’ouvrir le dialogue.  Avant l’arrêt des travaux, le vendredi 15 septembre, ces ouvriers ont formulé cinq vœux. D’abord, garantir le respect des droits des travailleurs camerounais et chinois dans le cadre de ce projet structurant. Ensuite, respecter les dispositions de la convention collective des BTP, garantir leur sécurité en leur donnant des outils de protection nécessaires. Enfin, immatriculer les employés et respecter les procédures de licenciement et de recrutement des travailleurs tels que définissent les textes en la matière.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que ces travailleurs du chantier de l’autoroute Douala-Yaoundé expriment des griefs au sujet de leurs conditions de travail. Ils dénonçaient le 5 août 2016, « des violations physiques et des violations de leurs droits et intérêts ». A la question de savoir pourquoi les grands chantiers au Cameroun sont sujets aux grèves, le président de la confédération syndicale des travailleurs du Cameroun répondait qu’ «il y a simplement une mauvaise volonté en ce qui concerne notre législation sociale, notamment les conditions de traitement des travailleurs qui généralement pour des chantiers bien structurés obéissent quand même à la convention collective des bâtiments et travaux publics. La dernière version de cette convention date du 10 décembre 2013 avec prise d’effet le 1er janvier 2014. La précédente avait été signée en août 2004. Donc, il y a comme un refus d’appliquer la loi de la part des entreprises adjudicataires. Car, les dispositions légales existent. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, les entreprises qui se sont engagées à respecter cette réglementation ne la respectent pas ». Ainsi va la vie dans nos chantiers.

Christelle Belibi