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Loi de finances 2018: Le Gicam fait reculer le gouvernement

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Célestin Tawamba, président du Gicam

La présidence de la République a enjoint le gouvernement de retirer des dispositions tendant à resserrer l’étau sur les entreprises privées, comme le préconisait le Groupement interpatronal du Cameroun.

« Un camouflet pour le ministre des Finances ». C’est le commentaire d’un haut responsable d’une organisation patronale au Cameroun à la lecture de la correspondance de Ferdinand Ngoh Ngoh prescrivant de supprimer, dans le projet de loi de finances 2018, la re-fiscalisation de l’importation du blé dur au taux de 5%. Et même d’oublier la disposition  relative au retrait de l’agrément aux entreprises admises aux régimes fiscaux dérogatoires prévus par la loi de 2013 sur les incitations à l’investissement privé, lorsque les investissements qu’elles se sont engagées à réaliser n’ont pas connu de démarrage effectif au bout d’un an à compter de la date d’octroi dudit agrément.

En effet, le 13 novembre 2017, le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) a mal pris le fait de découvrir dans les réseaux sociaux l’existence d’un avant-projet de loi de finances 2018 alors qu’il n’a pas été associé ou consulté. Dans le fond, le Gicam a été choqué de découvrir dans l’avant-projet des dispositions défavorables pour l’investissement privé. « Ledit document contient des dispositions qui, si elles venaient à être adoptées, imposeraient des contraintes insupportables aux entreprises, remettant ainsi en cause tous les efforts entrepris ces dernières années par le gouvernement et le Gicam pour créer les conditions de la confiance au sein du secteur privé », a alors dénoncé l’organisation patronale.

Le raisonnement du Gicam était tout simple : les entreprises jouent un rôle moteur de créateurs de richesse et d’emplois dans l’économie camerounaise. En outre, les 2/3 des recettes fiscales étant constituées par des « versements spontanés », c’est-à-dire des recettes collectées par les entreprises et reversées dans les caisses de l’Etat, les entreprises assurent des tâches qui incombent à l’Etat et ce sans aucune rémunération ou autre contrepartie. C’est fort des responsabilités qui en découlent pour lui que le Groupement patronal a réitéré l’esprit de dialogue constructif qui l’anime et continuera de jouer pleinement son rôle d’interface entre les entreprises et le gouvernement.

De fait, et à titre d’exemple, le Gicam a souligné la nécessité d’éviter de faire de l’exigence bien comprise pour le gouvernement d’accroître les recettes budgétaires, une source d’affaiblissement des entreprises sur le marché national et les marchés à l’exportation et, partant, d’érosion des recettes budgétaires, paradoxalement. « De même, la limitation prévue des garanties offertes aux contribuables et les pouvoirs exorbitants accordés à l’administration ne rassureront pas les investisseurs et feront naître des doutes sur la stabilité et l’attractivité de notre système juridique », a prévu le groupement patronal. Il a visiblement été entendu.

Sylvain Andzongo