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L’industrie camerounaise à l’assaut de l’Afrique centrale

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Admises au régime préférentiel de la Cemac/Ceeac, 71 entreprises camerounaises sont dispensées des droits  et taxes douanières pour une meilleure expansion de leurs activités dans cet espace communautaire.

Les négociations sont longues, mais aboutissent à de bons résultats. Mercredi 14 février 2018 quelques minutes avant midi, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a procédé dans son département ministériel, à la remise d’agréments  à 16 entreprises camerounaises agréées au régime préférentiel de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour 174 produits industriels. «Ces différents produits jouissent, de ce fait, d’un accès à droit de douane nul dans le  marché de cet espace communautaire», a révélé Luc Magloire Mbarga Atangana. Ces nouvelles entreprises interviennent pour la plupart dans la cosmétique, les matériaux de construction, des fournitures didactiques, l’aluminium, l’aciérie etc.

Il ne s’agit pas d’une première au ministère du Commerce. Le 2 mai 2014, dans les mêmes circonstances, le Mincommerce avait octroyé des agréments obtenus des autorités de la Cemac à 19 entreprises nationales, pour un total de 145 produits industriels. Six mois plus tard, c’était au tour de 13 industriels de recevoir des agréments signés du Secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac). Cette fois, l’exonération fiscalo-douanière portait sur 81 produits. Le 13 octobre 2016, le gouvernement remettait à 23 autres acteurs de productions, d’autres certificats  qui autorisaient de fait, la circulation en franchise de douane. Il s’agissait 168 produits industriels que le Cameroun pouvait exporter dans près d’une dizaine de pays d’Afrique centrale.

Et à l’heure du bilan, entre 2014 et 2018, ce sont  71 industries qui ont été agréées au régime tarifaire préférentiel de la Cemac et de la Ceeac pour un total de 568 produits. Concrètement, il s’agira d’améliorer «de manière significative, leur compétitivité dans un marché concurrentiel accru», explique-t-on au ministère du Commerce. Les dites entreprises doivent ainsi, aller à la conquête des parts de marché dans la sous-région. Ensemble, elles développeront une nouvelle offre de produits manufacturés  dans un marché qui compte environ 170 millions de consommateurs. Le but étant de poser les jalons de  mise en place d’une zone de libre-échange continentale tel que voulu par les chefs d’Etats de l’Union africaine.

Concernant les critères d’éligibilité au régime préférentiel de la Cemac, il est demandé aux entreprises de présenter : soit des produits totalement faits à base des matières premières issues de la Cemac, soit partiellement à savoir 60% des produits locaux et 40% importés.  Il faut également présenter la valeur ajoutée pour environ 30%. « Cela est valable pour l’ensemble de nos produits. C’est véritablement là, une manifestation concrète, de la volonté du gouvernement d’ouvrir les marchés, de promouvoir le label et le « Made in Cameroun ». Mais, il s’agit aussi de la manifestation de la sollicitude du gouvernement à l’endroit de la communauté des affaires. Car, « la remise des agréments est la traduction par les faits et actes, de cette intégration nationale qui est en marche chez nous », explique le ministre du Commerce. Il convient aussi de noter les grands bonds du Comité national d’agrément des produits industriels originaires de la Cemac qui s’arrime aux exigences de la réglementation communautaire en matière de circulation des produits industriels dans la sous-région. Autre enjeu lié à cette ouverture sur le marché de la Cemac, c’est le nombre de consommateurs à conquérir par ces entreprises. Au-delà de l’Afrique centrale, les autorités du ministère du Commerce comptent aussi sur les 170 millions de consommateurs potentiels du Nigeria avec qui le Cameroun a signé son accord commercial le 11 avril 2014.

Christelle Belibi