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Industries: Les enjeux de la conversion au biofuel

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En plus d’être une solution aux coupures intempestives du courant électrique, le biocarburant permet d’économiser jusqu’à 71% de la consommation quotidienne des entreprises.

 Une société comme la SCR Maya & Cie basée dans la zone industrielle de Bonabéri, à Douala IVème, consomme en moyenne 25 000 litres de gazole par jour, soit près de 9,2 millions de litres de gazole l’année, pour faire fonctionner ses machines. Sachant que les industries opérant au Cameroun achètent le litre de gazole hors TVA au prix de 470 FCFA, la société Maya consacre ainsi la somme de 11,7 millions de FCFA à sa consommation journalière de gazole. Soit la forte somme de 4,3 milliards de FCFA par an. En effectuant une conversion au biofuel, cette entreprise leader de la production d’huiles végétales raffinées au Cameroun, économiserait jusqu’à 71% de consommation actuelle de gazole. L’équivalent de 3,05 milliards de FCFA l’année. Idem, pour une entreprise comme AFM BROLI qui annonce, apprend-on, une consommation journalière de 2000 litres de gazole par jour. Ce qui lui coûte 940 000 FCFA par jour, 23,5 millions de FCFA par mois et 282 millions de FCFA par an. Or, en s’arrimant au biofuel, cette dernière ne consacrerait plus que la somme de 331 200 FCFA par jour à l’énergie lui permettant de faire tourner ses machines, grâce à une baisse de sa consommation actuelle de 57%.

Ces données sont la résultante d’une étude menée auprès des industries locales par le Groupement d’intérêt économique (GIE) Powercam, qui travaille depuis quelques temps sur la conversion des industries au biofuel. Elles ont été présentées aux entreprises membres du Gicam, le mardi 19 septembre dernier, pour démontrer l’efficacité énergétique et l’intérêt économique du biofuel. Le biocarburant, puisqu’il s’agit de lui, est donc un carburant (biocombustible liquide ou gazeux) produit à partir de matériaux organiques non fossiles, provenant de la biomasse et qui vient en complément ou substitution du combustible fossile (essence, gaz, gazole, fioul, etc.). Ce que propose Powercam, à travers le projet GEWC (Green Energy Wood Chips), qui est une filiale des membres de ce GIE, est la conversion des industries au biocarburant, en les aidant à se doter de centrales biomasses, fonctionnant grâce au bois issu des exploitations forestières, sous forme de Plaquettes forestières sèches (PFS). « GEWC a pour vocation de promouvoir l’utilisation du bois-énergie sous forme de plaquettes forestières ou chips pour le marché local. La PFS est le résultat du broyage par des engins mécanisés (broyeurs à couteaux) des rémanents d’une exploitation forestière ou de bois de faible diamètre dont c’est souvent la seule valorisation possible. Elle se présente sous la forme de petits morceaux de bois d’environ 2x2X5 cm, d’une teneur en eau variable de 25×55%. A cause du foisonnement, 1m3 de bois plein représente environ 2,5 à 3 m3 apparents de plaquettes », explique Jean Michel Job, administrateur de Powercam.

A l’en croire, les PFS, à un taux de 20 à 30% d’humidité. Les économies par rapport au gazole, au fioul et au gaz sont très importantes. Ce qui semble donc attractif pour les industries du pays. Surtout que le coût de la mise à disposition des équipements (centrales biomasses) pour l’utilisation des PFS varie de 31 millions de FCFA à 220 millions de FCFA.

Joseph Roland Djotié