Accueil Economie Daniel Ona Ondo : « Pour rendre nos économies résilientes, il faut les...

Daniel Ona Ondo : « Pour rendre nos économies résilientes, il faut les diversifier»

220
0
Partager
Daniel Ona Ondo, président de l commission de la Cemac

Le président de la Commission de la Cemac revient ici sur les contours de la 4ème session du Comité de pilotage du Pref-Cemac qui s’est tenue le 02 février dernier à Douala.

Monsieur le président, où en est-on avec l’opérationnalisation des réformes prescrites par le Pref-Cemac ?

Vous savez très bien que nos pays traversent une crise économique énorme, une crise qui est due à la baisse des cours du pétrole. Et donc à la suite de cela, les chefs d’Etat se sont réunis  l’année dernière et ont pris des mesures importantes. Parmi ces mesures, ils ont décidé de ne pas dévaluer le Franc CFA, de prendre d’autres mesures externes et internes. Au terme de ces mesures, il a été mis en place le Pref-Cemac (Programme des réformes économiques et financières de la Cemac). Et il y a 21 mesures qui ont été prises. Et au terme de cette décision, le Pref-Cemac s’est mis en place.  Et donc, certaines décisions ont commencé à être prises. Il y a par exemple la mise en place d’une bourse commune à Douala et avec l’organe régional de contrôle basé à Libreville. D’autres mesures concernant le budget, la politique monétaire, etc., ont suivi. La Banque centrale a dû resserrer sa politique monétaire. Aujourd’hui, cette politique commence à porter des fruits. Les résultats enregistrés montrent que le Pref-Cemac a fait du bon travail. C’est d’ailleurs l’occasion de remercier le secrétaire exécutif  qui s’occupe du Pref-Cemac, et de remercier le président Sassou Nguesso, qui est le président dédié au Pref-Cemac. Cependant, les bons points enregistrés ne doivent pas nous amener à ne pas faire d’autres efforts. Bien au contraire, il faut redoubler d’efforts.

Concrètement, qu’est-ce qui est prévu pour 2018 ?

La priorité des priorités, c’est continuer le Pref-Cemac, continuer l’ajustement… Nous sommes en négociation avec le Fonds monétaire international. Il y a quatre pays qui ont déjà  signé un accord avec le FMI, mais il y a deux pays sont encore en négociation. Nous avons appris aujourd’hui que la Guinée Equatoriale est dans un bon processus, parce que le FMI veut un accord de référence. Il reste le Congo qui est en négociation aujourd’hui avec le FMI. Donc, il faut continuer l’ajustement monétaire, étant entendu qu’il n’y a pas que ça. Pour rendre nos économies résilientes, il faut diversifier l’économie.

Qu’est-ce qui a été fait en deux ans depuis  le 23 décembre 2016, s’agissant de la diversification de l’économie ?

Beaucoup de choses. En plus du Pref-Cemac, nous avons un programme de réformes économiques au niveau de la sous-région. Il y a des efforts qui sont faits à l’interne, mais il y a également des efforts qui sont faits à l’externe. Au niveau de la Cemac, ce programme renferme 13 projets qui permettent aujourd’hui de sécuriser par exemple les frontières contre ce qui s’est récemment passé en Guinée Equatoriale. C’est tout à fait normal que lorsqu’un pays a reçu des contrecoups, qu’il se referme. Et donc, nous souhaitons que les pays se sentent en sécurité. Il y a des couloirs qu’il faut tracer, il y a des postes frontaliers à mettre en exerce et autres. Il y a donc ces 13 projets qui permettent aujourd’hui de sortir du mono produit, pour se diversifier, pour le bonheur de nos pays.

Propos recueillis par JRD