Accueil Conjoncture Crise en zone Cemac: Malabo boude le programme régional des réformes économiques

Crise en zone Cemac: Malabo boude le programme régional des réformes économiques

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Obiang Nguema, le président équato-guinéen

Pendant le Comité de pilotage du Pref-Cemac, qui s’est tenu vendredi dernier à Douala, les participants ont déploré l’absence de certains ministres à l’instar de celui de la Guinée Equatoriale qui s’est fait représenté par un directeur de société.

Le ministre équato-guinéen de l’Economie était absent (une fois encore) à la 4ème session du Comité de pilotage du Programme des réformes économiques et financières ( Copil Pref-Cemac), qui s’est tenue le vendredi 02 février  dernier à Douala. Pour cette importante session,  qui avait pour but de revisiter les actions déployées par la sous-région afin de sortir de la crise économique depuis le sommet des chefs d’Etat du 23 décembre 2016 à Yaoundé , ce riche pays pétrolier aujourd’hui en crise comme ses voisins, s’est fait représenté par un directeur de société. Un fait qui n’a pas échappé au président du Copil du Pref-Cemac, le ministre congolais de l’Economie, du développement industriel et du portefeuille public, Gilbert Ondongo. « Pendant les travaux, le président du Copil a déploré l’absence des ministres de l’Economie et des Finances de certains pays, à l’instar de celui de la Guinée équatoriale, qui s’est fait représenté par un directeur général d’entreprise. Il a dit que lors des rencontres comme celle de vendredi dernier, il est important que les ministres viennent eux-mêmes au lieu de se faire représenter », confie un participant aux travaux.

La fermeture  des frontières par la Guinée équatoriale divise

Cette absence du ministre équato-guinéen de l’Economie n’aurait pas été vue d’un bon œil par les collaborateurs du ministre d’Etat congolais, qui ont d’ailleurs estimé que le DG équato-guinéen s’est montré discourtois lors des échanges sur la fermeture récente des frontières par la Guinée équatoriale. « Un directeur général d’entreprise en Guinée équatoriale qui se montre désobligeant à l’égard d’un ministre d’Etat, en charge de l’Economie, d’un pays comme le Congo. Non, mais  sincèrement,  je pense que la Guinée équatoriale exagère», déclare un fonctionnaire congolais.  Une attitude qu’un officiel camerounais tente de relativiser. « Je pense, pour ma part, qu’il lui a juste manqué le langage diplomatique pour expliquer l’attitude de son pays, après la tentative du coup d’Etat, déjoué avec l’aide du Cameroun. Vous savez bien que  les équato-guinéens n’ont pas bien français.  Il n’a pas été discourtois. Il a juste expliqué qu’en l’état actuel des choses, son pays préfère fermer ses frontières pour des raisons de sécurité », fait-il savoir.

Selon une source proche du ministère camerounais de l’Economie (Minepat), le représentant équato-guinéen aurait indiqué que «  l’inexistence des postes frontières et du passeport biométrique Cemac, etc, ne rendent pas la tâche facile à son pays ». Tout comme, apprend-on, la récente tentative de coup d’Etat qui  exige des mesures de renforcement de sécurité. Un repli sur soi que comprend le nouveau président de la Commission de la Cemac, Daniel Ona Ondo.  « C’est tout à fait normal que quand un pays a reçu un contrecoup qu’il se referme », a-t-il déclaré, reconnaissant qu’Il y a des couloirs à tracer et des postes frontaliers  à construire…

L’attitude dilatoire du président de la Bdeac

La question de l’intégration sous-régionale n’a pas été le seul sujet  ayant meublé les échanges lors du dernier Copil. La fusion des deux bourses régionales, l’audit et la réforme de la Bdeac, hormis la problématique de la diversification des économies, aussi. Mais ce qui aura davantage prolongé la durée des travaux d’une heure et demie, car supposés s’achever à 14h30, c’est l’audit et la réforme de la Bdeac. A ce sujet également, la Guinée Equatoriale est une fois de plus pointée du doigt. « Car, le  président de la Bdeac , Fortuna-Ofa Mbo Nchama,  qui est Equato-guinéen, fait du dilatoire depuis trois mois au sujet de l’audit et de la réforme de cette banque. Depuis qu’on lui demande de se rapprocher de la Beac pour cet audit, le président  traine les pieds.  Il a certes récemment contacté le gouverneur de la Beac, pour l’audit, mais c’est dans la salle des travaux que la Beac et la Cobac ont découvert qu’il a publié les Termes de référence (TDR) de l’audit en question dans les journaux, sans en informer la Beac. Or, avant leur publication, ces TDR doivent être examinés par la Beac. Plus grave encore, le  président de la Bdeac ne comprend pas pourquoi on insiste tant sur l’audit de cette banque. Car pour lui, il n’y a pas de problème. Or, nous savons tous qu’elle se porte très mal, d’où les prescriptions des chefs d’Etat pour son audit », confie une source.

Joseph Roland Djotié