Accueil Economie Conjoncture: La zone Cemac se remet progressivement de la crise

Conjoncture: La zone Cemac se remet progressivement de la crise

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Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la Beac

Après une année 2017 morose, l’activité économique devrait se raffermir en 2018 avec une croissance de 2,1 % et un taux de couverture extérieure de l’ordre de 64%.

La situation économique et monétaire des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a été passée en revue hier à Yaoundé. C’était à l’occasion de la première réunion ordinaire de l’année 2018 du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Au terme de cette séance du CPM présidée par Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la Beac a fait état des perspectives macroéconomiques mondiales et sous-régionales.

2,1 % de croissance

De ces projections, il ressort que la zone Cemac devrait terminer l’exercice 2018 avec un taux de croissance réel de 2,1% du PIB. Ce chiffre est en augmentation de 2,2% par rapport à l’année 2017 où la communauté a enregistré une croissance négative de -0,1 % du PIB. Selon le patron de la banque centrale, cette embellie est imputable à « la remontée des cours et de la production de pétrole brut, l’accélération de la mise en œuvre des réformes économiques, monétaires et financières prévues dans le PREFCEMAC », explique Abbas Mahamat Tolli.

Inflation en hausse

Pour la même période la tension inflationniste se projette à 1,8 % selon les prévisions du CPM. En comparaison avec le niveau d’inflation observé au sein de la Cemac en 2017 –soit 0,9%- la perte du pouvoir d’achat de la monnaie devrait passer du simple au double en 2018. Toutefois, cette aggravation de l’inflation reste de loin inférieure à la norme communautaire qui est de 3%.

Déficit budgétaire

Les perspectives de la Beac sont optimistes en matière de déficit budgétaire. A ce sujet, le CPM espère « une réduction du déficit budgétaire (base engagements, hors dons) à 2,4 % du PIB », contre.  A contrario, le déficit extérieur courant (hors dons) qui se situait à 3,3 % en 2017, devrait s’accentuer jusqu’à 4,4 % du PIB en 2018. Cet état de chose s’explique par la mise en œuvre des programmes conclus avec le FMI, selon le CPM. En effet, quatre pays sur les six qui constituent la zone Cemac bénéficient désormais des facilités élargies aux crédits du Fonds monétaires internationale.

Couverture extérieure

Les décaissements accordés par le FMI ont également eu des effets bénéfiques sur le taux de couverture extérieure de la Beac. De 57,5% en 2017, la banque centrale table sur un taux de couverture extérieure 64,2 % pour les neuf prochains mois.  Et au-delà des fonds du FMI, cette remontée du taux de couverture extérieure est également issue des efforts des gouvernements pour réduire leurs dépenses en devises. Des mesures qui ont permis de diminuer la pression sur les réserves de change.

Baudouin Enama