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Commerce : L’Afrique du Sud adhère à la zone de libre-échange continentale

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Cyril Ramaohosa,président de l'Afrique du Sud

Le pays a signé l’accord le 1er juillet 2018 en Mauritanie à l’occasion du 31e sommet de l’Union Africaine.

Le processus d’instauration d’une zone de libre-échange continentale en Afrique a été au centre des échanges des chefs d’Etats et de gouvernements à l’occasion du 31e sommet de l’Union africaine (UA) qui a clos ses travaux le 2 juillet 2018 à Nouakchott en Mauritanie. Selon le rapport d’étape présenté par le président Nigérien  Mahamadou Issoufou, le processus de l’établissement d’une  zone de libre-échange continentale  (Zlec) est bien avancé.

En effet, 5 pays nouveaux pays ont rejoint les 44 autres ayant déjà signé l’accord. Parmi les nouveaux signataires enregistrés le 1er juillet 2018 dans la capitale mauritanienne, l’on cite la Sierra Leonne, la Namibie, le Lesotho, le Burundi et surtout l’Afrique du Sud. C’est le président Cyril Ramaphosa en personne apprend-t-on qui a paraphé le document à Nouakchott.

L’adhésion de l’Afrique du Sud, économie la plus industrialisée du continent à la Zlec est considéré par bon nombres d’observateurs comme étant une avancée. «  Je peux vous rassurer que le processus de ratification est sur la bonne voie. Le Kenya et le Ghana ont été les premiers à déposer simultanément leurs instruments de ratification depuis le 10 mai 2018. Le Rwanda a aussi déposé ses instruments de ratification le 27 mai 2018 et a été le premier à déposer les instruments de ratification du Protocole sur la libre circulation des personnes alors que le Niger a déposé ses instruments de ratification le 8 juin 2018 » a fait part à ses homologues le chef d’Etat nigérien Mahamadou Issoufou au cours de la présentation de son rapport d’étape.

Ce dernier a déjà une échéance pour laquelle il compte sur ses pairs pour accélérer le processus. «  En juillet prochain pour le 33e sommet ordinaire de l’UA qui est prévue pour se tenir à Niamey, la zone de libre-échange continentale  doit être effective. En termes clair, d’ici 2019, il faut qu’au moins 22 pays aient ratifié l’accord dans le sillage de la signature du texte, approuvé le 21 mars dernier à l’occasion du dernier sommet extraordinaire de Kigali », affirme Mahamadou Issoufou.

Le Nigeria toujours réticent

En plus des six pays qui ont déjà ratifiés le texte, deux nouveaux pays, l’Eswatini (ex-Swaziland) et le Tchad ont profité du sommet de Nouakchott pour déposer leurs instruments de ratification. Au total, 8 pays ont franchi le pas alors qu’il faudrait 22 ratifications pour l’entrée en vigueur de l’accord. Ce que l’UA espère atteindre d’ici fin 2019 et pour le reste des pays signataires d’ici mars 2019 pour engager véritablement le processus.

Ainsi, le président de l’UA, le chef de l’Etat rwandais Paul Kagamé, tout comme le président de la Commission de l’UA, Moussa Mahamat-Faki, se sont joint au président nigérien pour plaider auprès des autres pays encore réticents, à se greffer à la dynamique continentale. Au cours du sommet de  Nouakchott, le président Muhammadu Buhari  du Nigeria qui a honoré de sa présence est  cependant resté sur sa lancée. Celle de ne pas s’engager à signer l’accord de la  Zlec en « attendant la fin des consultations avec le secteur privé nigérian, très réticent à l’ouverture de son marché ».

La finalité de la Zone de libre-échange continentale est claire : augmenter les échanges commerciaux à l’intérieur du continent et dynamiser les marchés africains. « Si nous enlevons les droits de douane d’ici à 2022 le niveau de commerce intra-africain aura augmenté de 60 %, ce qui est très, très significatif » précise l’UA qui informe par ailleurs qu’actuellement, le commerce intra-africain ne représente que 16%.

Hervé Fopa Fogang