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Climat des affaires: Le Gicam appelle à une accélération des réformes

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Celestin-Tawamba, président du GICAM

Selon le président du Gicam, Célestin Tawamba,  la  pression fiscale sur les entreprises représente 57,7% de leurs résultats alors que la moyenne pour les économies  d’Afrique subsaharienne est de 46,8%.

Malgré les trois (03) places gagnées dans le Doing Business 2018 de la Banque mondiale, le Cameroun doit, selon le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) fournir davantage d’efforts. Le communiqué de presse signé de  président, Célestin Tawamba, et qui date du 26 novembre 2017, est assez clair sur la question. « Le Gouvernement doit s’atteler à engager des réformes dans tous les domaines, en particulier dans ceux où il occupe un mauvais rang, à savoir : paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier et transfert de propriété, et pour lesquels le GICAM en appelle à l’élimination des facteurs bloquants identifiés dans le Doing Business », précise le Gicam.

Concernant le « Paiement des taxes et impôts », le président du Gicam soutient que la  pression fiscale sur les entreprises représente 57,7% de leurs résultats alors que la moyenne pour les économies  d’Afrique subsaharienne est de 46,8%. « De plus, le temps consacré au paiement des taxes et impôts est de 624 heures en moyenne par an contre 281 heures pour les économies d’Afrique subsaharienne », fait savoir Célestin Tawamba. Par rapport au « Commerce transfrontalier », l’organisation patronale indique que  les coûts à l’exportation et à l’importation représentent près du double de la moyenne observée en Afrique subsaharienne.

De même, les délais d’embarquement à l’exportation et de désembarquement à l’importation sont respectivement de 268 heures et 434 heures, contre 188 heures et 240 heures en moyenne pour l’ensemble des économies d’Afrique subsaharienne. Au niveau du  « Transfert de propriété », le Gicam souligne que les délais de transfert de la propriété sont en moyenne de 86 jours contre 60 jours pour les économies d’Afrique subsaharienne, « tandis que les coûts de transfert représentent 19% de la valeur de la propriété contre seulement 7,8% en moyenne en Afrique subsaharienne ».

Trois facteurs qui amènent le Gicam à réagir fortement, tout en appelant le gouvernement à faire preuve de plus d’audace et de célérité dans la mise en œuvre des réformes identifiées et dans l’élaboration de nouvelles réformes. Reconnaissant que  le Doing Business a démontré son utilité comme produit de connaissance, le Gicam déclare qu’il ne saurait toutefois traduire l’état global de l’environnement des affaires ainsi que la facilité à faire des affaires. « Ceci tient à sa méthodologie et, à cet égard, les limites sont de deux ordres : d’une part, la mise en place de critères standardisés à l’échelle mondiale suscite des interrogations sur la valeur intrinsèque de ce classement ; et d’autre part, les dix indicateurs retenus constituent une source d’information assez restreinte. De fait, n’y figurent pas des variables essentielles comme la sécurité juridique, le niveau de corruption, la stabilité macro-économique, la qualité de la main d’œuvre, la qualité des infrastructures et bien d’autres », explique l’organisation patronale.

A en croire le Gicam, c’est la raison pour laquelle, dans des propositions de refonte du CBF récemment adressées au gouvernement, il a, entre autres, souligné la nécessité d’axer son travail d’évaluation de l’environnement des affaires sur un spectre d’indicateurs plus large dont ceux du Doing Business.  «C’est dans cette perspective que le Groupement publiera dans les prochains mois et sur une base périodique, un tableau de bord du secteur privé », promet Célestin Tawamba.

JRD