Accueil Economie CIF: 1500 milliards de FCFA pour financer les 25 projets présentés

CIF: 1500 milliards de FCFA pour financer les 25 projets présentés

140
0
Partager
Marthe Angeline Mindja, DG de l'Agence de Promotion des Investissements

Voilà, les chiffres qui ressortent du marché de l’investisseur, qui a mis un terme à la 2ème édition du Cameroon Invetment Forum (CIF), vendredi dernier à Douala.

Cameroon Investment Forum 2017, l’événement est terminé. Mais l’aventure continue pour les porteurs de projets et les financiers. Pendant toute la journée du vendredi 10 novembre 2017, 25 jeunes camerounais ont minutieusement présenté leurs projets, dans les domaines de l’agriculture, de la pisciculture, de l’élevage, des infrastructures et des TIC à un parterre d’investisseurs nationaux et internationaux. Au milieu de tous ces projets, les uns aussi pertinents que les autres, certains ont connu une attention particulière de la part des investisseurs. C’est le cas du projet de mariculture proposé et présenté par Yves Tchoumkeu.

Son entreprise « Rosso Blu » envisage d’élever du poisson en mer : « Cette pratique consiste en la construction des cages flottantes sur terre qui seront ensuite plongées sous la mer. Dans ces cages, l’on met du poisson, qui grandit comme s’il était dans son milieu naturel à la seule différence, qu’il est dans les filets de manière, à ce qu’il n’y ait pas fuite », a-t-il expliqué. Son projet date de 2011 et a déjà bénéficié de toutes les autorisations nécessaires : « l’Etat m’a octroyé un site de 10 hectares au niveau de Kribi dans la localité d’Elonji, où l’industrie sera implantée. J’ai besoin de 20 milliards de FCFA pour le démarrage effectif des activités de l’entreprise que je prévois pour 2018 ».

La mariculture est un domaine encore vierge en Afrique subsaharienne. Il n’est pratiqué dans quasiment aucun pays de cette sous-région. D’après son promoteur, c’est un moyen efficace pour combler le déficit en poisson frais que connait le Cameroun : « C’est l’unique solution pour satisfaire la demande en poisson des populations, du moment où les eaux n’en ont plus assez. Le Cameroun est dans un besoin important en poisson frais. Moi seul je serai incapable de le combler. Je souhaite même, que les camerounais s’unissent pour booster les étangs en mer », a-t-il dit, avant de préciser aux banquiers et autres investisseurs, que le retour sur investissement sur ce projet est de 4 ans (51 mois).

Après lui, plusieurs autres projets agro pastoraux et d’élevage, dont le financement oscille entre 521 millions et 20 milliards de FCFA, ont été présentés. Un autre projet a su se démarquer et capter l’attention des financiers. D’ailleurs, certains investisseurs n’ont pas dissimulé leur volonté à accompagner financièrement, ledit projet. Il s’agit d’une initiative innovante, qui consiste en la « transformation des troncs de bananiers en feuilles de placage ». Concrètement, le promoteur va transformer des troncs de bananiers en espèce de papier peint, qui servira pour la décoration, le revêtement des sols, des murs et des véhicules, etc.

C’est un marché et un domaine encore vierge au Cameroun. Ce projet est porté par la start-up « Eto’s Farm Cameroun » qui a déjà investi 347 millions FCFA de fonds propres et a besoin d’un financement de 521 millions de FCFA pour le démarrage de ses activités au Cameroun. L’entreprise a un partenaire français basé en Martinique, qui détient le brevet et a donné une licence à Eto’s Farm cameroun. Le même partenaire s’engage à acheter 70% de la production camerounaise et les 30% restants seront destinés au marché local et sous régional. Eto’s Farm Cameroun a déjà noué des partenariats avec les grandes plantations de banane du Moungo et du Fako dans le Sud-Ouest du pays, pour son approvisionnement en matière première. Pour l’instant, l’entreprise n’a pas encore produit du placage made in Cameroun.

Ruth Estelle Belinga