Accueil Aujourd’hui Ces ministères qui plombent le fonctionnement de l’Imprimerie nationale

Ces ministères qui plombent le fonctionnement de l’Imprimerie nationale

285
0
Partager
L’état de créance de cette institution est estimé à près de 70 millions FCFA, à recouvrer aux ministères  des Finances, des Enseignements secondaires, des Transports, des Domaines et du Cadastre, etc.

La vétusté des bâtiments et l’obsolescence des équipements de travail montrent à suffisance que l’Imprimerie nationale se meurt.  En effet, comme l’affirme, Paul Komo Walter à nos confrères du quotidien « Le jour », l’Imprimerie nationale dont il est le directeur général depuis mai 2015 connait des tensions de trésorerie. Elles sont dues à l’insolvabilité de certaines administrations publiques, notamment le ministère des Finances qui doit verser  141 844 230 FCFA, pour une commande de carnets de tickets de péage routier. Un paiement de 41 000 000 FCFA est aussi attendu de l’Université de Yaoundé II pour la livraison des feuilles de composition.  Sont également débiteurs à l’Imprimerie nationale, le ministère des Enseignements secondaires  avec un montant de 45 000 000 FCFA. Les ministères du Transports et celui des Domaines et du Cadastre et des affaires foncières ont une dette d’un peu plus de 133 000 000 FCFA.

Cette crise financière a conduit à l’arrêt du travail. Depuis lundi 13 novembre dernier, les employés de l’entreprise en charge de l’impression des documents administratifs ont décidé de verser l’encre.  Ils revendiquent deux mois de salaires impayés. Des machines à l’arrêt, des bureaux vides, c’est le visage que présentent les locaux de l’Imprimerie nationale à Yaoundé depuis lundi dernier. Les employés bien que présents ont choisi de rester hors de leurs bureaux tout au long de la journée. D’aucuns se sont installés le long du bâtiment, à la façade principale de l’Imprimerie nationale jurant que « si rien n’est fait pour que nous rentrions dans nos frais, nous ne ferons rien». Afin de ne pas brouiller le circuit de production, le DG a signé une note de service qui nomme  des personnes devant assurer le service minimum. Ils sont une trentaine affectés aux services de planification, PAO, Montage, Correction, Presse Offset, presse Typo, Chambre des valeurs, Finitions et Secrétariat.

Les 361 employés réclament également à leur hiérarchie, le suivi des résolutions prises lors de la réunion du 19 septembre 2017, convoquée par Alamine Ousmane Mey, ministre des Finances. Parmi ces résolutions, il y a la mise à disposition d’une dotation mensuelle destinée au préfinancement d’imprimés administratifs afin de permettre  à cette entreprise  d’Etat de faire face  aux charges de son exploitation. Autre récrimination, c’est le paiement des arriérés  de rappel d’avancement et d’heures supplémentaires gelés depuis 2011 au cours des dernières élections présidentielles. Le DG qui ne nie pas les revendications de son personnel confesse  que « ce personnel revendique deux mois d’arriérés de salaires ainsi que des arriérés d’avancement pour les travaux de 2011 ».  Il ajoute par ailleurs que, «  nous gérons une masse salariale de 95 000 000 FCFA or, si nous parvenons à récupérer une partie de cet argent, nous pourrons payer jusqu’à trois mois de salaire ».

Christelle Belibi