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Cameroun: Regain d’insécurité au port de Douala

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Une vue du Port de Douala

Plusieurs opérateurs économiques de la capitale économique se plaignent des cas de vol devenus récurrents depuis la cessation de travail des marins marchands en février 2012.

Voilà bientôt cinq ans que la marine marchande est expulsée du PAD (février 2012). Prévue pour assurer la sécurité des marchandises, ce corps de métier a été évincé purement et simplement de l’espace portuaire. Son absence a, apprend-on, causé de nombreux dégâts sécuritaires. Tout comme plusieurs cas de vol ont été enregistrés. Selon des estimations du Groupement professionnel des marins marchands du Cameroun (GP2MC), les bateaux qui séjournent au Port autonome de Douala (PAD) verseraient 8,6 milliards de FCFA par an pour la sécurité des marchandises contenues dans les bateaux. Soit un total cumulé de 43 milliards de FCFA pendant cinq ans. Les marins marchands ayant été chassés du PAD en 2012, leur absence a installé une insécurité au niveau de la protection des marchandises au PAD.  Plusieurs opérateurs économiques de la capitale économique interrogés se plaignent des cas de vol devenus récurrents depuis la cessation de travail des marins marchands en février 2012. C’est le cas d’Alilou, importateur. « Moi, j’ai perdu plus de 150 tonnes de marchandises depuis le début de l’année à cause des vols qui s’opèrent dans les containers qui arrivent au port. Des centaines de sacs de riz ont disparu malgré les assurances des autorités portuaires qui indiquent pourtant bien veiller sur nos marchandises. Et ça, ce n’est que pour le 1er semestre de cette année. Bien avant, j’ai enregistré plusieurs cas de marchandises qui manquaient à l’arrivée », confie-t-il.

Hormis cet importateur, plusieurs autres confiaient en juillet 2014 et à LQE, que la situation semble davantage s’empirer. Et ceci, depuis l’interdiction infligée aux marins marchands par les responsables du PAD depuis cinq ans afin qu’ils ne travaillent plus au sein du Port de Douala. Selon Albert Mienlam, le responsable des marins marchands, cela arrive parce que ceux qui dirigent ont remplacé les marins par les forces de l’ordre (policiers et gendarmes) qui ne maitrisent pas le fonctionnement de la marine marchande. « Dans ces conditions, des malins profitent pour tromper leur vigilance en dépouillant les importateurs d’une bonne partie de leurs marchandises », explique-t-il. Avant d’ajouter que cette situation oblige l’opérateur économique à vendre les produits à un prix plus élevé sur le marché.  « A la fin, c’est le panier de la ménagère qui est touché. S’il perd 100 tonnes de riz lors du déchargement, il va répercuter cette perte sur le prix de vente finale de la marchandise », souligne-t-il. Si le PAD demeure réticent quant à l’accord d’autorisation aux marins marchands, c’est parce que la loi prévoit de verser une rémunération de 100 000 FCFA au marin par jour, pour le travail de sécurité à bord des navires.

Sachant que le PAD a environ 48 quais et que chaque quai accueille un bateau, cela fait 4 à 5 marins par bateaux. C’est pratiquement plus de 240 marins qu’il faut payer par jour. Ce qui fait une somme de 24 millions par jour, 720 millions par mois et 8,6 milliards de FCFA l’année. Voilà ce que versent les propriétaires des bateaux par an au PAD, a-t-on appris.

Ruth Estelle Belinga