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Cameroun: Recyclage des caciques au Conseil constitutionnel

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22 ans après sa création, le président de la République a enfin signé une série de textes portant organisation, fonctionnement et composition de cet organe institué par la Constitution de 1996.
La vie politique du Cameroun s’est accélérée ce mercredi 07 février 2018. A la faveur d’une série de textes signés du chef de l’Etat, le Conseil constitutionnel a enfin amorcé sa phase fonctionnelle. En effet, un premier décret de Paul Biya, lu au journal parlé de 17 heures au Poste national de la CRTV, porte organisation et fonctionnement de cet organe judiciaire institué depuis le 18 janvier 1996 par la Constitution camerounaise.
Recyclage
Le deuxième décret du président de la République quant à lui, désigne les 11 membres statutaires du Conseil constitutionnel, mettant ainsi un terme à une attente longue de 22 ans. Dans ce décret, Paul Biya recycle des anciens membres de gouvernement et non moins caciques du Renouveau. C’est le cas de l’ancien ministre de la Fonction publique Emmanuel Bonde, l’ancien secrétaire d’Etat Jean Baptiste Baskouda (61 ans), l’ancien ministre d’Etat ministre du Développement urbain et de l’habitat Lekene Donfack et l’ex-ministre des Sport Jean Marie Bipoun Woum. Des vieilles gloires du commandement comme Ahmdou Tidjani intègrent également le Conseil constitutionnel.
A cette liste s’ajoutent l’ancien diplomate et Secrétaire générale adjoint de l’Assemblée nationale Bah Oumarou Sanda, Arrey Florence Rita (70 ans), le magistrat Emile Essombe et Paul Chosy Nkwi. Le Conseil supérieur de la magistrature y sera représenté par son secrétaire Jean Foumane Akame (81 ans) et Clément Atangana (77 ans). C’est d’ailleurs sur ce magistrat hors hiérarchie, jusque-là membre titulaire du Conseil supérieur de la magistrature, que le chef de l’Etat a jeté son dévolu pour présider le tout premier conseil constitutionnel du Cameroun. Les membres ainsi nommés siègeront au sein du Conseil constitutionnel pour un mandat de six ans « éventuellement » renouvelable. Au stade actuel, il ne manque plus que de nommer le secrétaire général pour que l’organe entre effectivement en fonction.
Enjeux électoraux
Au Cameroun, le Conseil constitutionnel occupe une place déterminante dans le dispositif institutionnel. Appelé « conseil des sages » sous d’autres cieux, les juristes le présentent comme le régulateur du fonctionnement des institutions de la République. « C’est ce conseil qui juge de la constitutionnalité des lois camerounaises, des traités et accords internationaux, des règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du le Sénat », explique-t-on. Par ailleurs, ce Conseil joue le rôle d’arbitre du jeu politique dans la mesure où c’est lui qui se chargera désormais des contentieux électoraux en même temps que la proclamation des résultats électoraux lui incombe. De ce point de vue, sa mise en place en cette année, particulièrement chargée en consultations électorales (législatives, sénatoriales et présidentielle) n’est donc pas un hasard.
Baudouin Enama